C’est quand le bonheur ?

C’est quand le bonheur ?

 

Jusqu’au 9 mars se tient à la Gaîté Lyrique l’exposition The Happy Show. Derrière ce jeu de piste à la recherche du bonheur jaune bonbon rayonne le graphiste Stefan Sagmeister.

L’artiste autrichien, new-yorkais d’adoption, s’est vu confier la direction artistique des pochettes d’albums de Lou Reed, des Rolling Stones, des Talking Heads, ou de OK Go. C’est aussi lui, derrière le packaging de l’album de David Byrne et Bryan Eno, « Everything That Happens ». En ressort une édition vraiment très spéciale, avec une gélule dont se demande bien le contenu.

Au cours de ce parcours initiatique, Sagmeister nous fait retourner en enfance, ce moment où le bonheur ultime passe par le fait de partager des bonbons avec ses amis. Chacun est invité à se servir dans un distributeur de chewing gums couleur soleil, dans de longs tubes numérotés de 1 à 10, correspondant à son degré de bonheur estimé. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle, c’est que lorsque j’y suis allée, il n’y avait plus que des bonbons dans le n°1. Il faut croire que contrairement à ce que l’on nous assène, les Parisiens sont tout de même plutôt heureux. On a pu goûter à un autre petit plaisir de Sagmeister: le bonbon au gingembre. Si vous partagez la passion du graphiste pour ces confiseries molles, collantes et très épicées, vous pouvez vous les procurer dans toute bonne épicerie asiatique.

bonbon guingembre

Si vous préférez vous lancer dans de folles expériences culinaires, vous pouvez aussi cuisiner ces bonbons vous-mêmes. Il paraît que c’est bon pour la gorge. Voici la recette de Nettah:
Pour une vingtaine de bonbons:

  • Un morceau de gingembre
  •  200 g de sucre
  • 50 g de miel
  • 1 cuillère à café de beurre

Coupez le gingembre en morceaux et mettez-le à infuser dans 300ml d’eau de source frémissante à couvert. Dans une casserole, faites un caramel avec le sucre et un petit peu de tisane au gingembre. Lorsque le sucre est caramélisé, ajoutez le miel, le beurre et le reste de l’infusion. Laissez bouillir jusqu’à ce qu’une goutte de la préparation sur une surface froide durcisse. Retirez du feu et versez le liquide sur du papier sulfurisé en formant deux longues bandes. Laissez refroidir sans attendre que le bonbon durcisse. Faites en deux rouleaux. Coupez-les en petits carrés avec des ciseaux. Passez les bonbons dans un peu de sucre. C’est prêt!

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Une autre interaction avec le public qui plait beaucoup et intrigue tout le monde: le distributeur automatique de cartes-missions. Celle que  j’ai tirée m’enjoignais d’aller chanter à tue-tête dans l’escalier de la Gaîté Lyrique ma chanson pop préférée. Là, clairement, ça n’était pas pour le bonheur des autres. Titillée par les défis lancés par ce bout-en-train de Sagmeister, je me suis aussitôt mise en quête d’applications sur tablette invitant à faire n’importe quoi : Dare You et I Dare You (on notera au passage combien les développeurs se sont foulés pour le titre). Après téléchargement de ces applis, voilà ce qu’on m’a suggéré: danser le gangnam style avec un œufs dans le slip,  enlever les chaussettes de mon voisin de table avec les dents, ou pleurer auprès d’un mec au hasard dans la rue en lui expliquant que je suis perdue et que je cherche ma maman. Bref, je n’ai pas été très convaincue.

Mais l’idée de Sagmeister, c’est d’oser.D’après lui, l’accès au bonheur passe par la confiance en soi. Du coup, il est primordial d’apprendre à se connaître et de comprendre ses erreurs. Pour ça, il conseille de tenir son journal. Oui, comme quand vous étiez petit! Pour vous aider dans votre quête du bonheur, je vous en ai déniché quelques uns au design plutôt sympa et inspirant. Pour les passionnés de cinéma, le Film Diary sera une occasion de garder en tête les films marquants de leur vie. Pour les globbe-trotters, le Travelogue se chargera de garder au chaud vos découvertes spirituelles. Enfin, le carnet « Faux pas I made and liked » fera définitivement partie de votre chemin d’acceptation de soi. Maintenant, c’est à vous de jouer!

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Tenir un carnet de bord c’est bien, mais l’illustrer avec des photos débiles, c’est encore mieux. Ca tombe bien, le week-end du 25 et 26 janvier, dans la file d’attente pour The Happy Show, téléchargez l’application Take It. Une fois installée, vous n’avez qu’à entrer le code spécial qu’on vous donnera lors de l’expo, et à envoyer cinq clichés pris avec votre téléphone. La semaine suivante, vous recevrez vos photos imprimées en format vintage chez vous, gratuitement.

En parlant de photo, la veille de ma visite à la Gaîté Lyrique, je suis allée voir l’expo d’Anders Petersen, organisée par la BNF. Pour ce photographe suédois, la mise en danger permet de rester innocent malgré le temps qui passe et le fait qu’on vieillisse. Pour lui, comme pour Sagmeister, le bonheur se conçoit en pyramide, dont la base est la zone de confort la plus complète, que l’on va tailler de plus en plus, afin de provoquer des évènements inattendus, de se surprendre, et donc de connaître à nouveau l’excitation. Cette philosophie l’a amené à fréquenter pas mal de monde qui ne lui ressemblait pas au premier abord, et à les photographier. Pour découvrir les clichés d’Anders Petersen par contre, il ne va pas falloir traîner: vous avez jusqu’au 2 février.

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Pour terminer sur une note lumineuse et propice au bonheur, voici deux illustrations craquantes par Nidhi Chanani et Jen Watson.

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