L’île aux chiens : 10 anecdotes autour du film

L’île aux chiens : 10 anecdotes autour du film

Quatre ans après son dernier chef-d’œuvre The Grand Budapest Hotel, Wes Anderson est à nouveau à l’affiche avec  L’île aux chiens. Le film raconte l’histoire de la population canine de la petite ville japonaise de Megasaki. Atteints par une épidémie de grippe animale, les attachants toutous sont envoyés en quarantaine sur une île par le terrifiant maire Kobayashi. Aidés d’Atari, jeune maître de leur copain Spots, les cabots intrépides vont découvrir une conspiration qui menace la ville. Voici 10 anecdotes amusantes autour du film.

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Wes Anderson a réuni une vaste collection d’estampes japonaises afin d’imaginer les décors de L’île aux chiens.

En effet, le réalisateur s’est inspiré de l’oeuvre de Hiroshige et Hokusai. Le travail de ces deux artistes du XIXe siècle sur la couleur et les lignes avait déjà profondément influencé les impressionnistes européens. L’exposition Japonismes/Impressionnismes au musée des Impressionnismes de Giverny (à 45 minutes de Paris) retrace d’ailleurs jusqu’au 15 juillet  l’histoire du mouvement ukyio-e.  Signifiant littéralement « image du monde flottant», celui-ci s’attache à saisir de brefs moments de plaisir en prenant pour thèmes les paysages naturels, les voyages lointains, la faune et la flore, les geishas et les acteurs de kabuki (théâtre japonais épique traditionnel). Si vous souhaitez commencer votre collection privée, sachez que la galerie parisienne Sway accueille jusqu’au 9 mai l’exposition L’Art du Mont Fuji, proposant des œuvres en édition limitée avec certificat d’authenticité imprimées à partir des gravures en bois originales des artistes. L’occasion de s’offrir une magnifique estampe à partir d’une cinquantaine d’euros!

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Il existe véritablement à Londres une île aux chiens.

C’est en réalité la pointe d’une péninsule qui se jette dans la Tamise et dont le nom date du règne d’Henri VIII. Le tournage du film s’est d’ailleurs déroulé à 5 kilomètres au nord de cette île, dans les studios de télévision et de cinéma 3 Mills, où avait déjà été réalisée une grande partie du tournage de Fantastic Mr Fox.

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Pas moins de 1000 marionnettes ont été fabriquées artisanalement pour le tournage de L’île aux chiens.

Le film a nécessité la création de 500 chiens et 500 humains miniatures. Pour chaque personnage, les marionnettes étaient reproduites à 5 échelles différentes: très grand, grand, moyen, petit, et tout petit. Quand on sait que chaque marionnette d’un personnage principal représente quatre mois de travail, on comprend mieux pourquoi on a attendu si longtemps la sortie du film! « Je dis toujours que si on réalise un film en stop motion, c’est comme si on devait travailler dans un monde 12 fois plus petit et 200 fois plus complexe que tout ce qu’on a pu réaliser jusqu’alors, puisqu’il faut en construire chaque élément, raconte Andy Gent le chef marionnettiste du film. Non seulement il s’agit de construire les humains et les chiens selon différentes échelles, mais chaque éprouvette, chaque perruque, doit également être réalisée suivant trois échelles différentes. Et à la fin, on se retrouve avec 12 marionnettes reproduites sur 5 échelles différentes, réparties sur 20 décors. Ça peut vite devenir assez dingue ! ».

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Wes Anderson a fait venir de vrais chiens autour de lui pour s’en inspirer.

Avec la sensibilité qu’on lui connaît, on n’est pas franchement surpris d’apprendre que plutôt que de demander aux marionnettistes des races précises, il a préféré utiliser une palette d’émotions. « Pour Wes, il n’était pas question de faire un « Labrador de couleur sable » ; ce qu’il voulait, c’était « un chien triste » par exemple », se souvient Gent. Voilà comment le studio s’est retrouvé rempli d’adorables chiots. « Amener de vrais chiens à l’atelier a été une excellente source d’inspiration. Les chiens peuvent parfois avoir l’air vraiment triste, ou alors très heureux, si bien qu’on a essayé de refléter ça dans les visages et les oreilles des marionnettes ». Pour la création des marionnettes, l’équipe a d’abord commencé par confectionner des sculptures en argile et de résine, avant d’ajouter un squelette métallique articulé à l’intérieur de chacune. Afin de souligner l’aspect miteux des chiens, leurs poils sont recréés à partir de chutes de laine alpaga et mérinos, utilisées habituellement pour la fabrication des ours en peluche. Pour ce qui est des méchants chiens robots, ce sont les seuls personnages du film à avoir été créés grâce à des imprimantes 3D.

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La figure du maire Kobayashi est inspirée des films du réalisateur japonais Akira Kurosawa.

Wes Anderson reconnaît s’être fortement inspiré du visage expressif du personnage récurrent de Toshiro Mifune, vedette des films de Kurosawa, pour les traits du maire Kobayashi. Pour son costume années 1950 aux épaules carrées la chef costumière et spécialiste des costumes miniatures depuis plusieurs décennies Maggie Haden a dû soutenir moralement le tailleur londonien auquel elle a fait appel, qui, confie-t-elle, a failli abandonner: « Il nous a fallu presque trois mois pour arriver au résultat souhaité ».

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En se préparant pour le rôle de Chief, Bryan Cranston avait en tête le classique de 1967 de Robert Aldrich, Les Douze Salopards.

Le film raconte la mission impossible de 12 prisonniers courageux, envoyés dans l’Allemagne nazie. « Ces types sont aussi des parias, ils n’ont aucun espoir et c’est la raison pour laquelle  ils saisissent cette chance infime de survivre, raconte l’acteur. Prenez quelqu’un dans la misère la plus terrible, comme c’est le cas de ces chiens, et donnez-lui la plus petite lueur d’espoir, et vous verrez que ça va le pousser à entreprendre quelque chose d’encore plus grand. Que cela porte ses fruits ou pas importe peu : le plus important, c’est cette ambition, cette volonté, ce courage, cette force et cette résistance à toute épreuve qui permettent de mettre un pied devant l’autre et de continuer à avancer. Ce que j’adore dans le personnage de Chief, c’est qu’il représente l’idée qu’avec un peu d’espoir on peut saisir une deuxième chance ».

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Vous connaissez tous très bien la scientifique qui traduit les propos du maire.

Et pour cause, c’est Yoko Ono qui lui prête sa voix, mais aussi son nom! Wes Anderson avait d’ailleurs déjà utilisé la chanson Oh Yoko du duo qu’elle formait avec John Lennon pour son long-métrage Rushmore, il y a 20 ans.

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Avec L’île aux chiens, c’est la quatrième fois que Wes Anderson collabore avec le compositeur Alexandre Desplat.

Pour la musique de L’île aux chiens, le compositeur a remis sur le devant de la scène les tambours taiko, instruments traditionnels japonais joués depuis le VIe siècle et élément essentiel du théâtre kabuki. Dans la mythologie nippone, on raconte que ceux-ci sont nés lorsque déesse s’est mise à danser sur un tonneau de saké retourné, ce qui a produit ces intenses vibrations. La séquence d’ouverture du film est composée par Kaoru Watanabe, spécialiste des tambours taiko et des flûtes shinobue installé à Brooklyn. Un peu plus loin dans le film, Alexandre Desplat a mélangé ces sonorités avec celles du saxophone et de la clarinette, installant une ambiance intrigante, à l’image de l’île Poubelle. On peut également entendre au cours du long-métrage les morceaux acoustiques du groupe de rock psychédélique West Coast Experimental Pop Art Band.

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Les phénomènes naturels de L’île aux chiens ont été réalisés à partir d’objets réels.

Que ce soit la flamme des bougies, les vagues, la sueur ou les larmes, l’ensemble de ce qu’on pourrait croire de « petits détails » du film a été fabriqué avec des objets pour faire illusion. Pour cela, Simon Quinn, le producteur de l’animation, a dû redoubler d’imagination! Ainsi, les nuages sont en fibre de coton, la fumée est faite avec de la ouate et, encore plus surprenant, les cours des fleuves sont réalisés à l’aide de mini-tapis roulants servant à l’emballage de sandwiches!

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Le film est avant tout un hommage à la beauté et à la dimension épique du cinéma japonais, mais aussi à sa culture.

Et qui dit culture, dit aussi cuisine traditionnelle! D’après l’équipe du film, l’une des séquences les plus compliquées reste la préparation des sushis livrés au Professeur Watanabe. Afin de refléter le perfectionnisme des grands chefs japonais, le degré de détail a été poussé au grain de riz près. Du coup, cette séquence a occupé l’équipe animation pendant pas moins de deux mois! Si vous aussi vous souhaitez vous lancer dans l’apprentissage de la cuisine traditionnelle nippone, le Pavillon des Canaux à Paris organise un atelier pratique le mercredi 13 juin de 19h à 22h. Vous y apprendrez à concocter  une omelette japonaise (Tamago yaki), un plat de nouilles froides à la manière japonaise (Hiyashi chu-ka), ainsi que le Kakiage (Tenpura). Si, au contraire, vous êtes plutôt du genre à mettre les pieds sous la table, alors rendez-vous à La Maison du Saké. Cette épicerie japonaise dispose d’un restaurant gastronomique traditionnel avec des salons privés, mais également un saké bar, comme celui qu’on peut apercevoir dans le film!

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